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Monsieur Croco au jour le jour

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3 août 2015

La parenthèse imprévue dans le Tarn

Lorsque nous avons appris le décès de Babcia, il a fallu rapidement s'organiser et ce ne fut pas simple : trouver pour le lendemain un logement pour 6 personnes en milieu de semaine et pour quelques jours seulement, le tout avec une connection internet hasardeuse. Autant dire que ce fut périlleux. Nous avons eu beaucoup de chance car nous n'avons trouvé qu'une seule maison disponible et répondant à ces critères à une trentaine de kilomètres d'Albi. La seule contrainte fut que nous devions la louer pour une semaine complète. Alors nous avons décidé de refaire les valises et de partir pour une semaine entière dans le Tarn et revenir à Saint-Mandrier ensuite. Et c'est ainsi que 650 kilomètres plus loin, nous avons élu domicile à Cordes sur Ciel.

Finalement, la maison s'est révélée parfaite : grande, fraîche, avec un charme fou... On a même pu aussi y accueillir Tata Nat, Nils et Ludmila pour la nuit, venus de la Dune du Pyla pour l'enterrement.

En fait, on aurait pu tomber sur bien pire !

 

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Cordes sur Ciel ! Rien que le nom de ce petit village fait rêver et de fait, il touche le ciel ! Magnifique village médiéval, il faut quand même être bien chaussé pour s'y promener et avoir de bons muscles parce que ça grimpe...

A quelques jours près, nous aurions pu assister aux fêtes médiévales dans le village mais même comme ça, c'est déjà très joli.

Encore une fois, pour de la dernière minute, on aurait pu tomber sur bien pire !

 

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Et puis, il y a eu l'enterrement de Babcia, l'histoire familiale racontée aux enfants, la maison dans laquelle ma grand-mère a habité si longtemps, le cimetière Saint-Dalmaze de Milhars à Cagnac les Mines où reposent déjà la maman de Babcia, Françoise, sa soeur Irène, toutes deux parties trop jeunes et son mari Stéfan (Dzadek, mon grand-père) et le restaurant où toute la famille s'est retrouvée ensuite : "Le petit Mineur", comme un clin d'oeil.

En voyant mes enfants au cimetière, je me suis souvenue que moi aussi, lorsque j'étais petite et qu'on y allait, je cherchais les lézards qui dorment au soleil...

 

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Au fil de nos promenades, une conclusion s'impose : que la campagne française est belle dans ce coin-là !

J'ai été séduite, complètement, à la folie par le mariage éclatant du jaune des tournesols et du bleu du ciel. Et pour rajouter à cette beauté parfaite, une alternance de vignes complète le tableau. Enchanteur !

A perte de vue, partout où nous sommes allés, les long des routes, des tournesols, des vignes et des champs de blé avec leur mottes de paille, belles, rondes, qui semblent posées au hasard des champs. C'est certain nous étions à la campagne, la vraie. A peine sortis de chez nous, nous avons croisé le silence, les libellules, les odeurs et les couleurs exceptionnelles et au milieu de tout cela, juste nous, sans personne d'autre.

 

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L'arrière-arrière-grand-père (Joseph Pilarski) et l'arrière-grand-père (Stéfan Pilewski) des enfants (le beau-père et son gendre pour ceux qui suivent) étaient tous les deux mineurs de fond. Une vie entière passée sous terre, dans le noir, la chaleur, le charbon, la sueur et la poussière. La mine pour eux, c'était toute leur vie : un métier, un revenu, un logement (le même pour tout le monde), des amis, une communauté de centaines de Polonais regroupés dans les cités (celle des Homps, puis celle de Milhars).

Ces deux générations ont passé presque toute leur vie à Cagnac-les-Mines. Aujourd'hui, comme un petit clin d'oeil à notre histoire familiale, cette petite commune juste au nord d'Albi abrite le musée de la mine. Alors avec Pierre et Victoria, nous avons mis les casques et sommes descendus sous terre dans le grand ascenseur qui descend très vite et avons emprunté les galeries sombres et sales pour y découvrir le travail de nos aïeux. Les enfants étaient fascinés et ont écouté avec grande attention notre guide nous expliquer l'équipement du mineur, les conditions, le charbon, les chevaux sous terre, les petits wagons dans lesquels les hommes s'entassaient, les rails, les enfants qui travaillent, la lampisterie, les chariots à pousser... Pendant ce temps Jean-François, Louis et Paul, trop petits pour descendre, ont parcouru l'exposition et visionné des petits films d'époque.

 

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Sous une chaleur de plomb avoisinant les 40° degrés, nous avons parcouru Albi avec application. Le coeur de cette petite ville est une merveille. Un promenade en gabarre sur le Tarn permet de voir la Cathédrale Sainte Céclie et la cité épiscopale de briques roses sous un autre angle. Pas étonnant que toutes ces beautés soient classées au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Notre visite s'est achevée par l'intérieur de la Cathédrale dans laquelle nous avons réussi à rester 1h30 tant il y avait de choses à y voir. Et puis finir sur un petit tour de manège, pour le plaisir... Après tout cela, nul doute que tout le monde a bien dormi !

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Ma tante Irène, Stéphane, son mari et leurs enfants, Sophie et Victor nous ont reçu chez eux. Ce fut un vrai plaisir de pouvoir discuter avec ma tante, qui finalement n'a que 13 ans de plus que moi, mais sans aucun doute, vit bien loin de notre monde urbain quotidien et ses contraintes. Nos enfants n'attendaient qu'une chose : aller voir les animaux ! Et là, on les voit de près. Leçon de nature pour nos petits enfants de la ville...

 

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Et puis nous avons entrepris de suivre une partie du circuit des bastides albigeoises, faisant halte à Castelnau de Montmiral et Puycelsi. Des petits villages magnifiques dans lesquels on ne croise personne et qui cachent de vraies beautés avec vue imprenable sur la campagne !

 

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Et sur le chemin du retour, en direction de Saint-Mandrier, nous avons fait une halte à Carcassone. Cité fortifiée impressionnante de loin, nous n'avons pas vraiment dû choisir le meilleur moment pour la visiter. Certaines ruelles étaient simplement impraticables tant il y avait de visiteurs. Le peu que nous avons pu en voir était très bien mais si nous devons y retourner un jour, il faudra venir très tôt le matin, voire hors saison.

 

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Et puis, nous sommes rentrés à Saint-Mandrier, des belles images plein les yeux et de l'émotion plein le coeur. Si on veut retourner dans le midi, il faut prévoir plus d'une semaine car par les petites routes de campagne, les distances sont longues entre deux sites. Et il y a tellement de petits trésors médiévaux cachés qu'on finit par confondre tous les villages ! Cette parenthèse m'a donné envie de longer le Canal du Midi, alors peut-être un jour pour d'autres vacances... mais comme on se le dit souvent avec Jean-François, il y a tellement de beaux endroits qu'on ne connait pas en France !

 

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2 août 2015

Retrouvailles

Babcia a eu cinq enfants : mon père Henri, Hélène, Georges, Jean et Irène. Tous ont eu des enfants qui eux-même ont eu des enfants.

C'est un peu triste, mais tout a toujours été compliqué dans cette grande famille. Ceux de la première génération sont plus ou moins tous brouillés ou en froid, privant ceux de la deuxième génération (la mienne) de relations. Mais c'est certainement mon père qui est en haut du podium puisque Jean est brouillé avec lui, Hélène est en froid avec lui et par éloignement, il n'a pas de relation avec Irène. Il n'y a qu'avec Georges que la conversation semble détendue. Résultat, je n'ai pas souvent eu l'occasion de m'amuser avec mes cousins. Je les ai vu adolescents ou jeunes adultes pour la dernière fois, je les retrouve adultes établis maintenant et je fais connaissance avec les plus jeunes. Quant à la troisième génération, eux semblent bien loin de toutes ces histoires et heureusement pour eux !

Nous verrons bien ce que nous réserve l'avenir et si nous aurons envie d'enterrer ces querelles dont nous avons hérité sans le vouloir et de nous retrouver plus souvent. A méditer pour ne pas reproduire... L'instant valait bien une petite photo !

 

La première génération : les enfants

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Irène (n°5) - Georges (n°3) - Henri (n°1) - Hélène (n°2) - Jean (n°4)

 

La deuxième génération : les petits-enfants

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Rang haut : Benjamin (n°7) - Sylvain (n°1) - Nathalie (n°4)

Rang milieu : Stéphanie (n°3) - Catherine (n°5)

Rang bas : Sophie (n°8) - Ambre (n°9) - Victor (n°10)

Manquent Géraldine (n°2) et Alexandra (n°6)

 

La troisième génération : les arrières petits-enfants

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Rang haut : Pierre - Paul - Nils - Alexandre

Rang bas : Lucile - Louis - Victoria - Ludmila

Manquent Kylian, Mathis, Edgar, Joséphine, Clothilde et Léon

 

1 août 2015

Babcia

Pour moi, ma grand-mère s'appelait Babcia (grand-mère en polonais). Elle habitait loin de la région parisienne, dans le Midi avec ma tante Irène. Lorsque j'étais petite, nous allions la voir de temps en temps. Dans mon souvenir d'enfant, c'était environ une année sur deux et on n'y restait pas plus de deux jours. Mes parents s'y rendaient pour acheter "des bestiaux"  au marché d'Albi, comme ils disaient, et ramenaient une grand quantité de poussins, canetons, oisons, lapins... Nous repartions souvent avec plus d'une vingtaine d'animaux.  Je me souviens qu'elle était gentille et que sur le fauteuil de la salle à manger m'attendaient toujours un pull tricoté et un paquet de bonbons.

Chez elle, on avait le temps d'aller nourrir "les bêtes" (les poules, les pigeons, les lapins...) et d'aller arroser le grand potager mais ce n'était pas pour nous faire plaisir, c'est parce que c'était l'heure de les nourrir et d'arroser. Il y avait aussi quelques bandes dessinées.  Elle parlait parfaitement français avec un accent du sud chantant. Elle m'a appris à faire du tricotin et je tricotinais un long serpent multicolore de plus d'un mètre avec des chutes de laines, sans savoir quoi en faire. Chez elle, je prenais mon bain dans une grande bassine en zinc au milieu de la cuisine car il n'y avait pas de salle de bain et je dormais dans un lit dont le couvre-lit était tricoté et crocheté à la main de toutes les couleurs.

Voilà presque la totalité de mes souvenirs de ma grand-mère. Peu après mes dix ans, sans que je ne sache vraiment pourquoi, nous avons espacé les visites pour ne plus aller chez elle du tout. Mais à l'occasion de la nouvelle année, il fallait lui téléphoner. C'était le rituel du "coup de téléphone annuel" pendant lequel je ne savais pas quoi lui raconter et dans lequel elle me rappelait inlassablement qu'il fallait bien travailler à l'école, sa voix au haut parleur et toute la famille qui surveillait la conversation. Elle continuait aussi à m'envoyer chaque année une carte d'anniversaire comme depuis mon premier anniversaire et je l'attendais avec impatience. Et je ne l'ai plus jamais revue depuis...

Devenue adulte, j'ai parfois voulu aller la voir mais j'ai été découragée dans mes envies par mes parents :"personne ne t'invite" "tu n'as rien à y faire" "tu ne seras pas la bienvenue" et autres allusions à sa relation fusionnelle avec sa plus jeune fille Irène au détriment de ses petits-enfants... Je ne nourris pas de regret de ne pas l'avoir revue mais je pense que dans mon coeur, j'ai porté et porterai toujours la place vacante d'une grand-mère bienveillante. J'ai toujours regardé avec envie les personnes proches de leurs grands-parents. Ce n'est pas une visite qui me manque mais des années complètes dans la petite enfance. Je me suis toujours convaincu qu'elle aurait été cette grand-mère aimante pour moi si elle avait habité à côté de chez moi et que je l'avais vue régulièrement. L'absence de lien me laisse une grande tristesse, accrue lorsque Géraldine, une de mes cousines absente à l'enterrement, a fait lire un texte criant d'une relation vraie et intense avec sa grand-mère, avec ma grand-mère. Il me reste aujourd'hui 18 cartes d'anniversaire que j'ai toujours conservées précieusement et qui ont toujours déménagé avec moi...

Ce 12 juillet 2015, ma grand-mère est partie à l'âge de 87 ans, me rappelant comme je l'aimais et comme j'imaginais et j'imagine encore en elle, une grand-mère aimante.

 

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Lu en dernier hommage lors de l'enterrement, le 17 juillet 2015 :

Anna,

Tu nais à Brzezno, en Pologne, le 8 janvier 1928. Pour aller te baptiser quelques jours plus tard, tes parents, Joseph et Françoise Pilarski (née Osmielak),  t’enveloppent dans un édredon en plume tellement il fait froid.

Ton père vient en France en 1930 et tu le rejoins avec ta mère à l’âge de 3 ans en 1931. Une petite sœur, Irenka (Irène), agrandit la petite famille en 1932 et partage ces jours heureux avec toi. Joseph travaille à la mine de  charbon de Cagnac-les-Mines. Tu te souviens encore de l’arrivée de l’électricité à la maison alors qu’il n’y avait que les lampes à pétrole.

La première épreuve est déjà  là. En 1935, ta maman perd la vie. L’enfance est finie. Ton père fonde une nouvelle famille avec Cécilka (Cécile), que tu appelleras toujours ta marâtre.  Un petit frère, Alphonse,  nait en  1937.

A 14 ans, tes parents t’imposent de quitter l’école pour aller gagner ta vie alors que tu aimes tant étudier. La seconde guerre mondiale a débuté. Pour nourrir sa famille, Joseph prend une petite exploitation en métayage à Sainte Croix et travaille les 7 hectares en plus de sa journée à la Mine. Tu l’épaules de ton mieux, labourant avec le cheval, trayant les vaches et liant les gerbes de blé lors des battages. Tu pars courageusement en vélo chercher des sacs de pommes de terre jusqu’en Aveyron pour améliorer l’ordinaire. De Sainte Croix, tu entends les bombardements et tu vois le ciel rouge au-dessus d’Albi en aout 1945.

La guerre est finie et tu rencontres, lors du mariage d’une amie, un jeune homme, Stéfan Pilewski, qui vient d’intégrer la Mine de Cagnac après avoir passé un an dans le maquis. Il a belle allure et vous vous plaisez.

Le 8 juin 1946, c’est le mariage à Cagnac-les-Mines. 3 jours de fêtes à la cité de la Tour pour un vrai mariage polonais. La Mine vous fournit une table et deux bancs pour votre installation ! Avec la paye de la première quinzaine, tu achèteras, à crédit, un seau, des casseroles et de la vaisselle….

Le 15 janvier 1949, Heniek (Henri) voit le jour à la cité des Homps (tu as 21 ans). Il n’y a pas encore l’eau courante dans les logements.

Le 10 décembre 1950, Helcia (Hélène) agrandit la famille. Puis le 12 mai 1953, c’est au tour de Jerzyk (Georges).

Ta sœur Irenka a pu poursuivre des études chez les sœurs à Valence. Elle veut devenir institutrice. Elle adore les enfants et vient souvent t’aider à t’occuper de tes chers petits. Vous êtes complices et tu es heureuse de la voir se fiancer avec un jeune Français, Yvon  Jourde.

Le second drame bouleverse ta vie le 30  aout 1956. Irenka, partie faire une colonie de vacances à Sète pendant que son fiancé est appelé pour l’Algérie, se noie en voulant porter secours à des fillettes. Tu seras anéantie par cette nouvelle épreuve.

Le 19 mars 1958, le petit Janek (Jean) voit le jour. Vous obtenez un logement plus grand mais il faut quitter la cité des Homps pour la cité de Milhars.

Le temps passe, vous travaillez très dur pour élever cette petite famille. Le 19 avril 1966 arrive encore une fille, (17 ans après ton premier enfant). Pour la première fois, tu accouches à la maternité de l’hôpital d’Albi. Tu lui donnes le prénom de ta chère sœur disparue, Irenka (Irène). Plus tard, tu l’appelleras ta « canne de vieillesse » en la présentant à tes amies.

Les aînés quittent le nid et commencent à travailler alors que les plus jeunes sont encore à l’école.

Stéfan prend sa retraite bien méritée après 33 ans comme mineur de fond en 1972. Il complète sa pension en vendant la production de terrains agricoles qu’il cultive. Les 3 aînés ont démarré leur vie professionnelle et personnelle. Ils fondent à leur tour chacun une famille : Sylvain, Géraldine, Stéphanie, Nathalie, Catherine, Alexandra, Benjamin voient ainsi le jour entre 1975 et 1984.

Vous allez pouvoir souffler un peu, prendre un peu de bon temps au Club de l’Amitié.

Mais le destin en décide autrement : le 2 février 1987, Stéfan est brutalement emporté par un AVC à 64 ans.

Il faut tenir le coup. Malgré l’immense chagrin, tu poursuis ta mission de mère avec une telle volonté.

En 1995, tu quittes Milhars pour Puech Fau, toujours à Cagnac et tu viens habiter avec Irène. Un peu plus de confort, plus de cuisinière à allumer tous les jours pour se chauffer…

En 2004, Sophie et Ambre viennent compléter la liste des petits enfants. Victor sera le dixième en 2006.

Des arrières-petits-enfants sont nés entre temps : Lucile, Alexandre, Kylian, Mathis, Victoria, Pierre, Paul, Louis, Ludmila, Nils, Edgar, Joséphine, Clothilde, Léon. Tu t’y perds mais tu es toujours heureuse d’apprendre l’arrivée d’un enfant.

En 2009, un nouvel événement : tu quittes Cagnac, où tu as toujours vécu, pour suivre à Tanus ta plus jeune fille. Les premiers signes de la maladie d’Alzheimer apparaissent. Tu ne peux plus rester seule.

Mais tu ne restes pas inactive. Le jardin, les poules, la préparation de la soupe si importante. Tes petits enfants te stimulent pour retarder l’avancée de cette terrible maladie. Tu aimes tellement contempler le spectacle du feu qui brûle dans le poêle qui chauffe cette nouvelle maison.

Le 8 janvier 2015, tu fêtes tes 87 ans. Plus que 13 ans pour arriver à cent ans comme tu dis !

Mais la vie ne te fait pas de cadeau une fois de plus : en février, on diagnostique un cancer de la machoire.

Jusqu’au bout tu te battras, disant toujours merci à tous ceux qui te soigneront.

Mais ce 12 juillet 2015, tu jettes l’éponge. Tu es fatiguée. Il faut dormir maintenant, après tout ce travail et toutes ces épreuves.

Tu nous abandonnes mais nous savons que tu ne souffres plus.

Merci, maman courage,  à qui nous devons tant.

 

31 juillet 2015

Un été à Saint-Mandrier-sur-Mer

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Bateaux sur l'eau

* les admirer au port * * en faire du grand ... * * et du petit ! *

 

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Prendre de la hauteur

* Emprunter le téléphérique un jour de grand vent vers le Mont Faron * * regarder notre ombre si petite en bas et se sentir minuscules * * prendre le temps de pique-niquer, de déplacer des pierres et cueillir des fleurs * * se faire des câlins * * trouver une chapelle tout en haut du mont * * se promener sous la chaleur * * contempler la presqu'île de Saint-Mandrier au loin *

 

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A la plage

* manipuler avec délice le sable ou les galets * * se baigner dans une eau chaude (parole de frileuse !) * * dessiner dans le sable * * s'aventurer dans les rochers pour mieux voir les navires de guerre désertés *

 

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Au Fort Balaguier

* y retourner comme à chaque vacances à Saint-Mandrier * * se promener dans les jardins * * monter en haut de la tour * * jouer sur les canons * * et s'apercevoir que les enfants ont plutôt bonne mémoire ! *

 

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La plage qui se mérite

* suivre le balisage jaune pour ne pas se perdre * * marcher, longtemps, longtemps, dans la chaleur * * escalader un peu, monter et descendre les escaliers * * boire beaucoup * * admirer des paysages magnifiques * * et enfin trouver la belle plage après 1h de marche * ... * refaire tout le trajet dans l'autre sens ! *

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Pierre, champion de la nage coulée, Victoria, championne de la brasse et Paul, champion des sauts

* libérer l'appartement pour laisser maman ranger et préparer à manger * * s'accorder un moment juste avec papa * * repousser ses limites petit à petit et vaincre ses peurs *

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Le Castelet, village médiéval

* chercher un village que nous ne connaissions pas encore * * y pique-niquer tranquillement * * se promener dans ses petites ruelles * * admirer le beau paysage *

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En conclusion de ces vacances, les enfants y ont sûrement trouvé leur compte, s'amusant beaucoup à la piscine et à la plage. Il semblerait que Jean-François aussi. Nous avons pu découvrir quelques coins que nous n'avions pas visités et nous avons pris plaisir à retourner dans des lieux qui nous aimons. Le soleil et la chaleur auront été au rendez-vous et la sensation d'être en vacances, loin de la maison, bien réelle.

 Pour ma part et celle de Louis, nos vacances ont été plus mitigées. Est-ce la chaleur, la destructuration de son rythme habituel, les dents (?), le changement de lieux et d'habitudes ? Quoi qu'il en soit, nos nuits ont été chaotiques, voire épouvantables. Très vite, lui et moi avons fait chambre et lit commun avec l'espoir de ne réveiller personne et avons mangé toutes les heures de la nuit ! Evidemment, difficile de passer de bonnes journées sans bien dormir, difficile de prendre la voiture 5 minutes sans que tout le monde ne s'endorme de fatigue...

Nous nous accordons pour dire que nous sommes aussi certainement arrivés aux limites de l'appartement. 30 m², juste 2 vrais couchages, pas de rangement, ni de meuble pour poser les affaires, un coin cuisine difficilement exploitable... C'était nos 5èmes vacances à Saint-Mandrier. C'était parfait avec un enfant, très bien avec deux, faisable avec trois mais avec quatre, ce fut compliqué. Alors nous reviendrons certainement admirer le coucher de soleil du balcon, si papy garde son appartement, mais peut-être quand les enfants seront tous beaucoup plus grands ou pendant que certains seront en colo...

 

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Et puis, il y a eu la mauvaise nouvelle, celle qu'on n'attend pas, celle qui ne vient jamais au bon moment, rendant nos vacances encore plus compliquées et coupant notre élan : presque 700 kilomètres plus loin, ma grand-mère est morte...

 

7 juillet 2015

Canicule : un avant-goût de vacances

En ce début juillet, lorsque le thermomètre vient flirter avec les 40° degrés, on apprécie de pouvoir faire trempette, de goûter au bord de l'eau et même d'y dîner jusqu'à la fermeture.

Et contrairement à la piscine municipale, ici on est certain d'y retrouver ses copains. Moi j'y discute avec Julie, Nathalie, Magali, Laurence et j'y dîne avec Mélanie, pendant que les enfants jouent avec Ilyès, Tahïs, Clara, Maximilien (le cousin), ses copains du CM2... et tous les autres.

 Alors on se sent vraiment privilégiés d'avoir une piscine dans la résidence, à 100 mètres de la maison !

 

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3 juillet 2015

10 mois plus tard : les vacances !

Moi j'ai l'impression qu'ils n'ont pas poussé d'un millimètre ! Pourtant 10 mois se sont bien écoulés...

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Rentrée des classes le 2 septembre 2014                                       Dernier jour d'école le 3 juillet 2015

 

Ca y est, c'est les vacances !

Un soupir de soulagement pour le rythme quotidien qu'on va pouvoir ralentir et même destructurer un peu. Plus besoin de regarder la montre tout le temps et même le soir, un peu de souplesse devient possible.

Une petite appréhension quand même pour ces moments où nous allons vivre tous ensemble tout le temps. Espérons que chacun y mette du sien !

 

3 juillet 2015

La chorale Guynemer

A la fin de l'année, a lieu la traditionnelle chorale de l'école primaire. Et c'est un beau spectacle. Les chansons sont chouettes et gaies et la prestation est de très bonne qualité. Rien à voir avec la chorale de la maternelle !

 

au programme ce soir :

Le crayon magique

J'ai un p'tit caniche

Grand-père super

Un petit indien des Andes

Le cours de récréation

We all go travelling by

Le soleil a rendez-vous avec la lune

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Victoria en CE1A - orange

 

2 juillet 2015

L'exposé : le corps humain, vu par Victoria

En milieu d'année, Victoria est rentrée un jour de l'école en annonçant qu'elle pouvait préparer un exposé facultatif sur le thème de son choix, qu'elle présenterait quand elle voudra dans l'année.

Victoria avait choisi le corps humain. Au début, on était tous très enthousiastes. Je lui ai montré powerpoint pour lui donner un exemple de ce qu'elle pourrait faire sur le TNI (tableau numérique intéractif) de sa classe. On le préparera pendant les vacances d'hiver.

Les vacances d'hiver sont passées et on ne l'a pas préparé. Alors on le préparera pendant les vacances de printemps.

Les vacances de printemps sont passées et on ne l'a pas préparé.

Et puis, on n'en a plus parlé... jusqu'à la dernière semaine d'école où Victoria me dit : "Maman, je veux faire mon exposé !"

Après le mois de juin marathon et à une semaine des grandes vacances, je ne voyais plus trop l'intéret et surtout, j'avais bien d'autres chats à fouetter ! La demoiselle, boudeuse, m'a lancé "Eh bien tant pis ! Je le préparerai sans toi !"

 

Quelques jours plus tard, elle est rentrée de l'école très fière d'elle.

Victoria : "Maman, j'ai fait mon exposé aujourd'hui !"

Maman : "Comment ça ? Tu veux dire que tu l'as préparé toute seule ?"

Victoria : "Non, non. Je l'ai préparé et je l'ai raconté !"

Maman (qui ne veut pas comprendre) : "Mais tu l'as raconté à qui ?"

Victoria : "A toute la classe !"

Maman : "Mais tu as fait comment ???"

Victoria (très fière d'elle) : "J'ai vite fini mon travail en classe et je me suis aidée du dictionnaire. Ensuite j'ai fait un dessin pour expliquer. Et voilà !"

Et voilà... oui...

 

Le lendemain, un peu inquiète je suis allée trouver la maîtresse pour enquêter et m'assurer que Victoria n'avait pas fait perdre son temps à toute la classe. En réponse, la maîtresse m'a dit que ma petite fille était exceptionnelle, drôle et avait un potentiel de directeur en chef des armées ! Elle avait fait un exposé préparé seule et très intéressant. Elle a su faire apprendre des choses aux autres et c'était très interactif. Elle a fait des devinettes, prenant un plaisir fou à choisir qui allait répondre, refusant les mauvaises réponses avec délectation et rappelant à l'ordre ceux qui n'écoutaient pas. Et j'ai bien reconnu là ma petite fille.

Le dernier jour d'école, elle est rentrée avec son exposé sous le bras. Qu'est-ce qu'on a ri ! Je regrette juste de ne pas avoir compris à quel point faire cet exposé était important pour elle.

 

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Victoria, 7 ans 1/2, CE1

2 juillet 2015

La fin d'une époque

Cette fin d'année scolaire marque pour Pierre la fin de l'école maternelle. Le voilà devenu "grand", lui, un des plus "petits" de sa classe. Le CP et l'école primaire commencent pour lui. La fin d'une belle période où l'on joue tout en apprenant et où l'on s'amuse avec ses copains tout le temps.

Pour l'occasion, nous voilà conviés au spectacle de fin d'année des enfants de sa classe. Petites pièces de théatre et danse, c'était bien. Pierre tenait le rôle du "Grand Froid". Puis vient le moment de la remise des médailles et du diplôme... et la page se tourne. Avec moins de nostalgie pour moi que lorsqu'il s'agissait de Victoria. Peut-être parce que Paul puis Louis suivront ?

 

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Véronique Baranzelli, maîtresse de la grande section, Tahïs et Pierre

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29 juin 2015

Tata Nat - 37 ans

Etre né l'été présente un avantage incontestable : toute sa vie, on pourra fêter son anniversaire aux beaux jours. Et cela change tout !

Tata Nat a fêté ses 37 ans à Elancourt sous un magnifique soleil. Et une fois n'est pas coutume, c'était vraiment reposant et même agréable. Siester dans le hamac, rester à l'ombre du cerisier, manger toute la journée.. et regarder le spectacle incessant de ces cinq enfants qui s'amusent, rient, courent partout, construisent des cabanes, jouent au foot, se mouillent, et plus rarement se chamaillent.

Même Tata, fraîchement séparée, était cette fois-ci disponible et présente dans la conversation, délaissant même son inséparable téléphone !

 

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Et finalement, à 37 ans, elle n'est pas si mal conservée notre Tata...

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Se chercherait-elle un nouveau Jules ?

 

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