La parenthèse imprévue dans le Tarn
Lorsque nous avons appris le décès de Babcia, il a fallu rapidement s'organiser et ce ne fut pas simple : trouver pour le lendemain un logement pour 6 personnes en milieu de semaine et pour quelques jours seulement, le tout avec une connection internet hasardeuse. Autant dire que ce fut périlleux. Nous avons eu beaucoup de chance car nous n'avons trouvé qu'une seule maison disponible et répondant à ces critères à une trentaine de kilomètres d'Albi. La seule contrainte fut que nous devions la louer pour une semaine complète. Alors nous avons décidé de refaire les valises et de partir pour une semaine entière dans le Tarn et revenir à Saint-Mandrier ensuite. Et c'est ainsi que 650 kilomètres plus loin, nous avons élu domicile à Cordes sur Ciel.
Finalement, la maison s'est révélée parfaite : grande, fraîche, avec un charme fou... On a même pu aussi y accueillir Tata Nat, Nils et Ludmila pour la nuit, venus de la Dune du Pyla pour l'enterrement.
En fait, on aurait pu tomber sur bien pire !
Cordes sur Ciel ! Rien que le nom de ce petit village fait rêver et de fait, il touche le ciel ! Magnifique village médiéval, il faut quand même être bien chaussé pour s'y promener et avoir de bons muscles parce que ça grimpe...
A quelques jours près, nous aurions pu assister aux fêtes médiévales dans le village mais même comme ça, c'est déjà très joli.
Encore une fois, pour de la dernière minute, on aurait pu tomber sur bien pire !
Et puis, il y a eu l'enterrement de Babcia, l'histoire familiale racontée aux enfants, la maison dans laquelle ma grand-mère a habité si longtemps, le cimetière Saint-Dalmaze de Milhars à Cagnac les Mines où reposent déjà la maman de Babcia, Françoise, sa soeur Irène, toutes deux parties trop jeunes et son mari Stéfan (Dzadek, mon grand-père) et le restaurant où toute la famille s'est retrouvée ensuite : "Le petit Mineur", comme un clin d'oeil.
En voyant mes enfants au cimetière, je me suis souvenue que moi aussi, lorsque j'étais petite et qu'on y allait, je cherchais les lézards qui dorment au soleil...
Au fil de nos promenades, une conclusion s'impose : que la campagne française est belle dans ce coin-là !
J'ai été séduite, complètement, à la folie par le mariage éclatant du jaune des tournesols et du bleu du ciel. Et pour rajouter à cette beauté parfaite, une alternance de vignes complète le tableau. Enchanteur !
A perte de vue, partout où nous sommes allés, les long des routes, des tournesols, des vignes et des champs de blé avec leur mottes de paille, belles, rondes, qui semblent posées au hasard des champs. C'est certain nous étions à la campagne, la vraie. A peine sortis de chez nous, nous avons croisé le silence, les libellules, les odeurs et les couleurs exceptionnelles et au milieu de tout cela, juste nous, sans personne d'autre.
L'arrière-arrière-grand-père (Joseph Pilarski) et l'arrière-grand-père (Stéfan Pilewski) des enfants (le beau-père et son gendre pour ceux qui suivent) étaient tous les deux mineurs de fond. Une vie entière passée sous terre, dans le noir, la chaleur, le charbon, la sueur et la poussière. La mine pour eux, c'était toute leur vie : un métier, un revenu, un logement (le même pour tout le monde), des amis, une communauté de centaines de Polonais regroupés dans les cités (celle des Homps, puis celle de Milhars).
Ces deux générations ont passé presque toute leur vie à Cagnac-les-Mines. Aujourd'hui, comme un petit clin d'oeil à notre histoire familiale, cette petite commune juste au nord d'Albi abrite le musée de la mine. Alors avec Pierre et Victoria, nous avons mis les casques et sommes descendus sous terre dans le grand ascenseur qui descend très vite et avons emprunté les galeries sombres et sales pour y découvrir le travail de nos aïeux. Les enfants étaient fascinés et ont écouté avec grande attention notre guide nous expliquer l'équipement du mineur, les conditions, le charbon, les chevaux sous terre, les petits wagons dans lesquels les hommes s'entassaient, les rails, les enfants qui travaillent, la lampisterie, les chariots à pousser... Pendant ce temps Jean-François, Louis et Paul, trop petits pour descendre, ont parcouru l'exposition et visionné des petits films d'époque.
Sous une chaleur de plomb avoisinant les 40° degrés, nous avons parcouru Albi avec application. Le coeur de cette petite ville est une merveille. Un promenade en gabarre sur le Tarn permet de voir la Cathédrale Sainte Céclie et la cité épiscopale de briques roses sous un autre angle. Pas étonnant que toutes ces beautés soient classées au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Notre visite s'est achevée par l'intérieur de la Cathédrale dans laquelle nous avons réussi à rester 1h30 tant il y avait de choses à y voir. Et puis finir sur un petit tour de manège, pour le plaisir... Après tout cela, nul doute que tout le monde a bien dormi !
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Ma tante Irène, Stéphane, son mari et leurs enfants, Sophie et Victor nous ont reçu chez eux. Ce fut un vrai plaisir de pouvoir discuter avec ma tante, qui finalement n'a que 13 ans de plus que moi, mais sans aucun doute, vit bien loin de notre monde urbain quotidien et ses contraintes. Nos enfants n'attendaient qu'une chose : aller voir les animaux ! Et là, on les voit de près. Leçon de nature pour nos petits enfants de la ville...
Et puis nous avons entrepris de suivre une partie du circuit des bastides albigeoises, faisant halte à Castelnau de Montmiral et Puycelsi. Des petits villages magnifiques dans lesquels on ne croise personne et qui cachent de vraies beautés avec vue imprenable sur la campagne !
Et sur le chemin du retour, en direction de Saint-Mandrier, nous avons fait une halte à Carcassone. Cité fortifiée impressionnante de loin, nous n'avons pas vraiment dû choisir le meilleur moment pour la visiter. Certaines ruelles étaient simplement impraticables tant il y avait de visiteurs. Le peu que nous avons pu en voir était très bien mais si nous devons y retourner un jour, il faudra venir très tôt le matin, voire hors saison.
Et puis, nous sommes rentrés à Saint-Mandrier, des belles images plein les yeux et de l'émotion plein le coeur. Si on veut retourner dans le midi, il faut prévoir plus d'une semaine car par les petites routes de campagne, les distances sont longues entre deux sites. Et il y a tellement de petits trésors médiévaux cachés qu'on finit par confondre tous les villages ! Cette parenthèse m'a donné envie de longer le Canal du Midi, alors peut-être un jour pour d'autres vacances... mais comme on se le dit souvent avec Jean-François, il y a tellement de beaux endroits qu'on ne connait pas en France !



























































































































































































































































