Hier après l'école, comme tous les jours ces derniers temps, nous avons pris un goûter dehors et nous sommes allés jouer avec Tahïs et Ilyes au Parc de la Porte Saint-Antoine devant le centre équestre. Victoria a pris sa trottinette, Pierre sa draisienne et Paul sa poussette.
Ces derniers temps aussi, Pierre est le roi de la bêtise : il n'écoute rien, n'obéit pas, fait ce qu'il veut, tape, embête les autres et de surcroît pleurniche sans cesse et pique des colères pour un rien... bref, la liste est longue. Ca va du petit garçon qui court au milieu de la rue sans obéir, au jeune délinquant qui ramasse un cheewing-gum par terre et le colle sur la portière de la voiture garée à côté (en l'étalant à 6 endroits différents, s'il vous plait), en passant par celui qui croit amusant de chatouiller les fesses de Tahïs pendant que celui-ci fait pipi mouillant ainsi ses chaussettes, son bermuda et son slip. Si cela peut faire sourire un instant, moi, voilà deux bonnes semaines que cela ne m'amuse pas du tout et nos relations sont plutôt "tendues" en ce moment (et c'est peu de le dire).
Mais revenons à hier. Pendant que tranquillement assise dans l'herbe, je donne le goûter à Paul, je m'occupe de lui et je papotte avec Julie, les chevaux tournent dans le manège et sautent leurs obstacles. Autour de nous, un autre manège se met en place : "Maman, Victoria, elle a fait ci", "Maman, Pierre, il veut pas me prêter sa draisienne", "Maman, Tahïs, il veut pas que je fasse des bulles", "Maman, Ilyes, il a dit ça", "Maman...." Ca donne vite le tournis. Pendant ce temps, c'est la valse des trottinettes et de la draisienne que tout le monde se dispute, que personne ne veut prêter et dont le propriétaire a immédiatement besoin lorsque d'autres mains que les siennes y touchent.
Si bien qu'au moment de partir, vers 18 heures, il n'y a plus que 2 trottinettes et une draisienne. La scène se passe sur 30 mètres carrés, peu fréquentés. Et la trottinette de Victoria manque à l'appel. On s'énerve, on cherche. Rien. Devant la colère qui monte, Pierre explique en bégayant qu'il est allé la cacher 15 mètres plus loin, sous les arbres. Pourquoi ? Pour être certain que personne d'autre ne jouerait avec. Mais voilà, Pierre, l'idée était tellement bonne que maintenant, même toi, tu ne joueras plus avec, c'est certain !
Mais que penser ? Comment croire la version d'un petit garçon de 3 ans qui se rétracte ensuite, disant qu'il l'a ramenée ? Comment accorder du crédit à ce petit garçon qui n'a aucune notion du temps et qui ne sait pas encore dire dans quel ordre il a fait les choses ? Comment être certaine qu'il dit vrai alors que quand on lui demande de montrer l'endroit exact où il a mis la trottinette, il montre immédiatement l'endroit même où sont ses pieds et surtout pas un mètre plus loin ?
Furieuse ! Je suis furieuse !
Furieuse après ces enfants qui n'écoutent rien, font des bêtises au lieu de profiter avec plaisir des bons moments avec les copains.
Furieuse après moi de ne rien avoir vu.
Furieuse après ces enfants qui ne prennent pas soin de leurs affaires et qui ne semblent pas voir où est le problème (T'as qu'à en acheter une autre, Maman !)
Furieuse pour les 60 euros envolés.
Furieuse pour le cadeau de Noël que nous avions offert à Victoria cette année.
Furieuse après ces enfants qui ne se sentent responsables de leurs affaires que lorsqu'un copain veut les emprunter (alors là, le propriétaire égoïste qui est en eux sait se réveiller !)
Furieuse de ne pas vraiment savoir ce qui s'est passé.
Furieuse pour cette grande trottinette qui devait servir des années, choisie avec soin, noire et rouge pour convenir aux deux garçons ensuite.
Furieuse après cet enfant (?) qui croit qu'on peut arriver sur une étendue d'herbe et repartir avec une trottinette comme ça, sans se soucier du petit groupe d'enfants à côté.
Furieuse après ces parents qui ne se demandent pas d'où vient cette trottinette quasi neuve que leur enfant n'avait pas avant mais qui ne vont pas vraiment chercher à savoir ou qui croiront la version bobardée par le petit voleur..
Furieuse après mon Pierre qui chaque jour met la barre des bêtises un peu plus haut et s'évertue à diminuer avec application ma réserve de patience.
Furieuse, furieuse, furieuse !
Et puis, plus tard, furieuse d'avoir tant crié sur mes enfants, furieuse d'avoir dit des choses horribles bien au dessus de mes pensées, furieuse d'avoir déversé tant de reproches et d'accusations toute la soirée, furieuse pour les fessées qui se sont promenées. Furieuse, aussi, surtout et tellement, après moi.
Alors aujourd'hui, vient le moment de la punition. Pas celle impulsive et démesurée qui a lieu sous le coup de la colère. Mais celle qui est raisonnée. Punition pour tout le monde : pour moi, pour les enfants. Personne ne sortira s'amuser dehors aujourd'hui.
Tout d'abord, direction la police. Parce qu'entre la selle du vélo de Papa ce week-end et la trottinette de Victoria, là aussi, la coupe est pleine ! Pierre était mort de peur à l'idée qu'on puisse le mettre lui en prison pour ses bêtises et j'avoue que je n'ai pas cherché à calmer les ardeurs de son imagination galopante. Mon espoir résidait dans une éventuelle vidéosurveillance ou des parents responsables qui auraient "trouvé" la trottinette. Nous avons donc déposé une double plainte : une pour la selle, une pour la trottinette. Et nous avons appris au passage que depuis la réouverture du skate-park, les trottinettes disparaissent mystérieusement. Minuscule espoir de retrouver notre voleur : la pelouse et l'espace autour du centre équestre sont bien sous vidéosurveillance ! Mais encore faudrait-il que la vidéo soit exploitable et qu'on y voit la scène... Le gentil policier qui nous a reçu n'était quand même pas très optimiste.
Deuxième partie de la punition : essayer de leur faire comprendre qu'ils sont responsables de leurs affaires et qu'il faut les traiter avec soin. Au programme, dans la bonne humeur et leçon de morale à la clé : rangement intensif des deux chambres, tri des jouets cassés et rappel qu'ils ne seront pas remplacés, rangement de la bibliothèque sacagée par les monstres (un scandale !) et mise en quarantaine des livres abîmés qu'on a maltraités, tri des vêtements avec reproches à chaque vêtement trouvé en boule dans le fond de l'armoire, barbouillé de feutre, ou aux boutons arrachés par des petits doigts gourds qui s'énervent, ... bref, la punition du grand ménage éducatif. Voilà quelques temps déjà qu'il fallait le faire et après tout, il n'y a pas de raison que je le fasse toute seule !
En réalité, en une journée, nous n'avons réussi à ratisser qu'une chambre. La punition continue donc jeudi soir et vendredi soir et même plus, s'il le faut...
Et un mercredi de punition, ça ressemble à ça :




En attendant la tension de cet épisode est retombée mais on est loin de revoir une scène comme celle-ci :

28 décembre 2012 - Au Parc de la Porte Saint-Antoine Tahïs et Ilyes : Le gang des trottinettes